Formation, politique des cadres et féminisation - Bilan et propositions
Dans la période qui s’ouvre, la formation des communistes doit être pleinement reconnue comme un enjeu politique majeur pour l’avenir du Parti. Elle participe directement au renforcement de notre organisation, à la formation des cadres et à la féminisation des responsabilités.
Faire de la formation un droit effectif pour chaque adhérent·e, c’est mieux accueillir, mieux armer politiquement et mieux préparer celles et ceux qui seront appelés à exercer des responsabilités dans les années à venir.
Cette note propose, dans cet esprit, un bilan de la période inter‑congrès pour dégager des enseignements utiles et formuler des propositions articulant formation, politique des cadres, féminisation.
Un secteur formation structuré et renouvelé
Depuis le dernier congrès, le secteur formation s’est nettement structuré, avec une équipe nationale, une équipe opérationnelle et un réseau de responsables fédéraux.
Le secteur national réunit 28 camarades, dont 43% de femmes et 50% hors région parisienne. L’équipe opérationnelle compte 15 camarades, avec 60% de femmes et 47% hors région parisienne, tandis que 106 responsables ou co‑responsables de la formation sont identifiés dans 80 fédérations, avec 29% de femmes.
Le taux de renouvellement de 69% depuis le dernier congrès témoigne d’un réel renouvellement des camarades engagés dans cette bataille. Cette structuration est un acquis important : elle permet de penser la formation non plus comme une juxtaposition d’initiatives locales, mais comme une politique nationale appuyée sur un réseau et des relais fédéraux.

Une activité de formation en nette progression
Ces stages de base permettent d’associer philosophie, économie, histoire du PCF, organisation et fonctionnement du Parti, en intégrant aussi des enjeux comme les violences sexistes et sexuelles ou l’écologie.
Ils répondent à un besoin essentiel : donner à chaque adhérent·e des repères communs, des outils d’analyse et des bases pour l’engagement militant.
Une architecture de parcours à confirmer
Le bilan met en évidence non seulement la progression du nombre de stages, mais surtout la mise en place progressive d’une véritable logique de parcours.
Au‑delà des stages de base, un stage d’approfondissement est en préparation pour un lancement à partir de 2026, avec cinq modules thématiques (matérialisme et idéalisme, luttes et classes sociales, impérialisme, extrême droite et fascisme, SEF), afin de proposer un deuxième niveau de formation et d’éviter que celle‑ci ne reste cantonnée à l’initiation.
Les stages‑cadres régionaux, organisés sur deux week‑ends ou trois jours, ont monté en puissance depuis le dernier congrès, mêlant contenus théoriques (économie, industrie et transition écologique, capitalisme et impérialisme, dialectique, politique) et outils pratiques (animation de réunion, organisation, usage de Cociel).
Le stage‑cadre national a été maintenu à un rythme de deux éditions par an, et un projet de formation des conseils départementaux, pris comme équipes complètes de direction, est engagé avec deux fédérations tests, l’Yonne et la Haute‑Garonne.
L’ensemble dessine les bases d’une architecture de formation continue, de l’adhérent·e au cadre dirigeant.

Outils, animation et suivi des fédérations
Le développement de la formation s’appuie aussi sur des outils et des fonctions de suivi mieux identifiés. Deux réunions annuelles rassemblent le secteur formation et les responsables des fédérations pour faire remonter les besoins, partager les initiatives et suivre l’activité.
Une camarade référente assure l’interface avec les fédérations pour les demandes hors stages programmés et avec les commissions et secteurs nationaux.
Un outil de visio national, « Le fil rouge », garantit un minimum de formation accessible partout, tandis qu’un fichier centralisé des formations devient un appui pour le suivi des parcours. S’y ajoutent une page internet dédiée, la publication mensuelle de « L’Écho de la formation » et des supports vidéo.
Encore inégalement appropriés, ces outils constituent néanmoins les premiers jalons d’une politique nationale de formation plus cohérente et plus durable.
Des acquis réels à valoriser
Le premier enseignement du bilan est encourageant : le Parti sait former davantage, mieux outiller ses adhérent·es et préparer des camarades à prendre des responsabilités. La progression des stages de base, le maintien des stages‑cadres nationaux, la montée en charge des stages‑cadres régionaux et l’élargissement du réseau de responsables formation en sont la traduction concrète.
Un autre acquis important est l’essor d’une culture du parcours : l’idée qu’il ne suffit plus d’empiler des stages, mais de construire de vrais cheminements de formation, commence à s’installer, même si elle reste encore incomplète.
Des limites à nommer clairement
L’accès à la formation reste très inégal selon les fédérations, en fonction des moyens militants disponibles, de l’implantation et de la place donnée à la formation dans les plans de travail.
Les parcours demeurent insuffisamment lisibles pour beaucoup de camarades : la progression de l’adhérent·e aux responsabilités de section, de fédération et nationales n’est pas encore clairement formalisée ni proposée partout.
Enfin, le suivi dans la durée est encore trop faible : au‑delà des stages, le lien entre formation et évaluation collective reste souvent informel, alors qu’une véritable politique des cadres suppose un accompagnement continu.
Formation, politique des cadres et féminisation
La formation est déjà un lieu avancé de féminisation, en particulier dans le secteur national, l’équipe opérationnelle et les stages de cadres régionaux. L’enjeu est désormais de transformer cet acquis en levier conscient de politique des cadres, pour faire réellement progresser la place des femmes dans les directions de section, de fédération et au plan national.
Faire de la formation un outil central de la politique des cadres suppose d’articuler parcours de formation, repérage des camarades appelés à des responsabilités et accès effectif aux instances de direction, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin que la féminisation devienne un objectif partagé par tout le Parti.
La féminisation des responsabilités ne peut plus être un objectif à part : elle doit devenir le cœur de notre politique des cadres, et la formation l’un de ses principaux outils.
Propositions pour le 40e Congrès
À partir de ce bilan, plusieurs propositions peuvent être soumises à la commission du texte pour franchir une nouvelle étape.
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Formaliser un parcours lisible de formation, de l’adhésion au stage‑cadre national, avec des modules identifiés et des objectifs clairs à chaque étape.
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Garantir qu’un stage de base soit proposé à chaque nouvel·le adhérent·e dans les deux premières années, et mieux articuler ensuite formation et prise de responsabilités
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Faire de la féminisation des stages et des parcours de cadres un objectif politique assumé, en lien avec la transformation de la composition des directions.
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Développer des formats souples et accessibles afin de réduire les inégalités territoriales d’accès à la formation.
Conclusion
Le bilan de la période 2022‑2026 est celui d’un Parti qui a commencé à se doter d’une véritable politique de formation, avec des avancées importantes en matière de structuration, d’offre de stages, de parcours et de féminisation du secteur, fruits d’un engagement réel de nombreuses et nombreux camarades.
L’enjeu des prochaines années est de faire de la formation un enjeu central de direction, au croisement de la bataille idéologique, de la politique des cadres, de la féminisation des responsabilités et du renforcement du Parti.