Commission Féminisme et droits des femmes - Bilan et propositions

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Danielle Casanova écrivait : « La conquête du bonheur est pour la femme liée à son libre épanouissement dans la société, cet épanouissement est une condition nécessaire du développement du progrès social. » Militer pour des jours heureux est au coeur de notre projet féministe.

Le Congrès du PCF d’avril 2023 a placé le travail sur la question des droits des femmes et du féminisme comme une des priorités de notre Parti, tant sur le plan politique qu’organisationnel. Notre projet est très clair : « Nous portons l’ambition d’une révolution féministe, pour libérer la société du capitalisme et du patriarcat, pour mettre fin aux violences sexistes et sexuelles, pour réaliser l’égalité entre femmes et hommes et conquérir de nouveaux droits ». « Les communistes font du combat contre toutes les violences sexuelles et sexistes, contre toutes les violences de classe contre les femmes et contre toutes les dominations patriarcales, une dimension majeure de leur combat émancipateur. »

L’ambition féministe est indissociable de l’ambition communiste, et inversement : telle est la seule étiquette qui puisse nous définir. Notre projet de société se veut émancipateur pour toutes et tous, car il est fondé sur l’égalité, le partage et la justice sociale, et affranchi des rapports de domination et d’exploitation. Lorsque les droits des femmes — ceux de la moitié de l’humanité — progressent, c’est toute la société qui avance. À l’inverse, leur régression entraîne celle des droits de toutes et tous, et porte atteinte à la démocratie dans son ensemble. Or, ces droits, conquis de haute lutte, restent fragiles : ils sont difficilement acquis et rarement pleinement effectifs. Pour les faire vivre au-delà des déclarations d’intention, pour rendre concrètes l’égalité et l’application des lois dans le quotidien, des moyens dédiés et une volonté politique forte sont indispensables. La conquête de nouveaux droits et pouvoirs se joue à la fois dans la cité et dans l’entreprise. Dans cette perspective, le service public apparaît comme une condition essentielle, à la fois outil et garantie de la mise en œuvre d’une politique féministe, constituant ainsi le fil rouge de l’ensemble de nos axes de travail.

Nous prenons en compte l’ensemble des discriminations auxquelles les femmes font face : handicap, racisme, lesbophobie, travail domestique. Cette attention est transversale à l’ensemble de nos travaux. Nous développons ainsi un maximum le travail transversal avec les fédérations et les autres secteurs et commissions, au regard de notre feuille de route.

Nous nous opposons et nous déconstruisons tous les discours libéraux, réactionnaires, conservateurs, intégristes, d’extrême droite, prônant haine, division et stigmatisation. La lutte contre l’extrême droite est historiquement liée à la définition même du combat féministe des communistes, porté par une culture de paix, de justice sociale et de solidarité internationale. Le féminisme est une culture de la paix. Porteur d’un mouvement de solidarité internationale pour les droits des femmes, fondé sur la conviction que l’égalité et la justice sont les conditions essentielles d’un monde apaisé. En s’opposant aux violences, aux dominations et aux logiques de guerre, il s’inscrit dans le mouvement mondial pour la paix, où la dignité de chacune et chacun est pleinement respectée.

Notre feuille de route féministe est ambitieuse mais nécessaire au renforcement de notre parti et l’affirmation de notre projet de société.

La commission droits des femmes et féminisme comprend environ 85 membres réparties en 50 fédérations. Notre objectif est toujours d'étendre la représentation des fédérations. Un secrétariat (solide) de la commission a été constitué qui comprend 5 membres réparties en 5 fédérations (Elsa Koerner d’Ille et Vilaine, Mayi Gonzalez de Gironde, Elsa Siffert du Puy de Dôme, Delphine Jordan du Vaucluse, Danielle Raucoules des Pyrénées-Atlantiques). Des camarades qui ne sont pas permanentes du PCF, ont un travail en dehors de leurs engagements militants et une vie de famille.

Grâce au travail de la commission droits des femmes et féminisme :

Nous agissons contre la précarité, menant campagne pour soutenir les exigences légitimes des associations de familles monoparentales, gérées à 80 % par des femmes, pour la défense de services publics de qualité, car les femmes en sont les principales usagères et employées, pour des mesures contre l’inégalité face au travail domestique, un des freins à l’emploi et à l’engagement des femmes.

Nous nous mobilisons pour la santé des femmes : nous avons porté la loi relative à une meilleure prise en charge des traitements liés au cancer du sein, la constitutionnalisation de l’IVG, que nous concevons comme un droit inaliénable qui doit être garanti sur tout le territoire. Nous interpellons régulièrement l’Etat sur la précarité menstruelle et l’absence de prise en soin sérieuse de la santé gynécologique et reproductive des femmes tout au long de leur vie.

Nous pouvons être fièr·es d’être le parti constant à gauche sur sa lutte abolitionniste, d’être un pilier de toutes les mobilisations aux côtés des associations féministes. En ce sens, nos expressions publiques ont été multiples et fortes.

Nos élu·es mènent sur tout le territoire des politiques publiques féministes ambitieuses pour changer concrètement la vie des femmes et faire progresser la société vers plus d’égalité et de justice sociale. Nous avons mis en valeur nos élu·es en publiant des vidéos sur le féminisme municipal, une communication « Elles l’ont fait » pour parler des réalisations concrètes dans leurs territoires comme la création de maison des femmes à Nancy ou Clermont Ferrand.

Oui, il reste un travail important à mener notamment en matière de politiques des cadres et de féminisation du Parti. Deux nouvelles responsabilités créées lors du dernier Congrès. Voilà pourquoi Fabien Roussel a lancé lors du 39e Congrès la création de l’Assemblée des femmes puis sa déclinaison à l’échelle départementale. Un succès tant sur sa participation que sur son contenu politique qui fait du bien à notre parti et qui doit perdurer pour que ces temps de quasi non-mixité permettent la libération de la parole. Une parole qui doit ensuite être écoutée, entendue et suivie d’actes politiques forts.

Oui, il reste un travail important pour que les femmes engagées politiquement puissent concilier vie professionnelle, vie familiale et vie militante. Les femmes portent encore majoritairement la charge familiale. Nous avons ces dernières années systématiser les gardes d’enfants pendant les CN et incité à une comitologie qui respecte les temps familiaux. Nous n’avons jamais faibli sur les exigences de parité même si la constitution genrée du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale est une réelle déception. En revanche, nous maintenons la tradition d’une direction féminine du groupe parlementaire au Sénat, particularité communiste. De plus, nous pouvons être très fier·es de l’adoption de la loi relative à une meilleure prise en charge des traitements liés au cancer du sein, une victoire de nos deux groupes parlementaires qui montrent la prise en compte sérieuse des enjeux féministes chez l’ensemble de nos parlementaires communistes, quel que soit leur genre.

Le PCF s’inscrit dans une conviction politique forte : l’émancipation des femmes ne peut être ni partielle, ni différée. Elle constitue un levier central de transformation sociale, une condition indispensable au progrès humain, démocratique et social. Travail, services publics, santé, mémoire, lutte contre les violences, refus de la marchandisation des corps et solidarité internationale : ces axes de travail, complémentaires, portent une même exigence : rompre avec un système qui organise, reproduit et légitime les dominations patriarcales et capitalistes.

Le capitalisme s’est historiquement construit sur l’appropriation du travail des femmes, sur l’invisibilisation du travail domestique, sur la précarisation massive des métiers féminisés et sur la marchandisation des corps. Le patriarcat, quant à lui, s’enracine dans ces rapports économiques pour contrôler, discipliner et exploiter les femmes, leurs corps et leurs vies. Ces deux systèmes ne peuvent être combattus séparément. C’est pourquoi le féminisme que nous portons est indissociablement un féminisme de classe, matérialiste, pleinement inscrit dans un projet communiste d’émancipation.

Construire une société féministe et communiste, c’est d’abord faire du service public un pilier central de l’égalité réelle. C’est garantir à toutes et tous un accès effectif aux droits fondamentaux — emploi, santé, éducation, logement, protection sociale, justice — sur l’ensemble du territoire. C’est reconnaître, socialiser et valoriser les activités indispensables à la vie, aujourd’hui déléguées aux femmes dans l’ombre, et leur donner une reconnaissance politique, salariale et sociale. C’est rompre avec une économie fondée sur la précarité, la concurrence et la rentabilité au profit d’une organisation collective répondant aux besoins humains et écologiques.

C’est aussi faire de la lutte contre toutes les violences sexistes et sexuelles une priorité politique absolue, en s’attaquant à leurs causes structurelles : l’impunité, les stéréotypes, la culture du viol, la marchandisation des corps et l’austérité imposée aux services publics et au tissu associatif. Protéger, prévenir, réparer et transformer sont des impératifs indissociables. Aucune société ne peut se dire juste tant qu’une partie de sa population vit sous la menace permanente de la violence.

Une société féministe et communiste est enfin une société de paix. Face aux guerres, aux intégrismes religieux, aux régimes autoritaires et aux offensives réactionnaires à l’échelle mondiale, notre projet s’inscrit dans un internationalisme féministe et solidaire. Les luttes des femmes, partout dans le monde, portent une aspiration universelle à la liberté, à la dignité et à la justice sociale. Elles nous obligent et nous engagent.

Héritières des combats de celles qui nous ont précédées — de Danielle Casanova à Olga Bancic, de Joséphine Pencalet aux militantes d’aujourd’hui — nous affirmons que le féminisme est une force révolutionnaire. Lors de la soirée du 21 février qui s’est tenue à Colonel Fabien pour commémorer les femmes et la résistance, Fabien Roussel a annoncé sur proposition de la commission Féminisme et droits des femmes la création d’une commémoration annuelle de la déportation du convoi des 31 000 depuis le Fort de Romainville.

Le féminisme n’est ni un supplément d’âme ni une revendication périphérique, mais un moteur essentiel de la transformation sociale. Porter l’ambition d’une société féministe et communiste, c’est faire le choix d’un monde libéré de l’exploitation et des dominations, fondé sur l’égalité réelle, la solidarité, la paix et la dignité humaine. C’est un combat de long terme, collectif et résolument tourné vers l’avenir.

La publication du cahier thématique droits des femmes est imminente et vous y retrouverez ces idées fortes qui appellent à maintenir un travail vigilant, de terrain et transversal pour obtenir protéger les conquêtes passées et obtenir de nouveaux droits mais aussi également pour que notre organisation en tant que parti permette aux femmes de militer et de prendre des responsabilités dans les meilleures conditions.

Enfin, un grand merci à toute l'équipe salariée et permanente du PCF pour leur soutien quotidien, particulièrement l’appui de Rachel Ramadour, Soizic Lozachmeur, Léna Mons et Cati Leclere qui donnent vie aux projets de la commission. Remercions également les équipes de l’AS d’être toujours aux rendez-vous des mobilisations féministes pour nous permettre de manifester en toute sécurité et de répondre aux demandes des associations féministes d’être en appui contre les menaces qu’elles subissent. Le mouvement féministe sait pouvoir compter sur la présence du PCF. Nous pouvons nous en féliciter.


Ci-après des éléments de bilan des travaux de la commission.

Les contenus sont à retrouver sur la page de la commission : L'actualité de la Commission Droits des Femmes et Féminisme

  • Communiqués de presse

Soutien à la grève des salarié-es du nettoyage de Maintenance Industrie (mai 2025)
Le PCF demande la libération de Ibtissame « Betty » Lachgar (août 2025)
Le gouvernement brade les droits et la sécurité des femmes (juillet 2025)
Avortement - un droit fragile (septembre 2025)
8 mars 2025 : toutes et tous ensemble, pour les droits des femmes! (mars 2025)
Loi Veil : qui a légalisé et sécurisé l'avortement, a 50 ans
Mazan, un procès historique qui montre le chemin qu'il reste à parcourir (décembre 2024)
La droite et l'extrême droite main dans la main pour la marchandisation des femmes (octobre 2024)
Lutte contre la culture du viol: un procès historique (septembre 2024)
Rapport de l’ONU sur la prostitution (juillet 2024)
Tribune pour les droits des femmes dans le programme du NFP co-portée avec Fabien Roussel (juillet 2024)
Pour les droits des enfants, des personnes en situation de handicap et des femmes (juin 2024)
Lesbiennes, face à l’extrême-droite, toutes aux marches des fiertés (juin 2024)
Vote de la PPL sur le cancer du sein (mai 2024)
80 ans du droit de vote des femmes (avril 2024)
Afghanistan : la communauté internationale doit se mobiliser pour les femmes et les filles afghanes (mars 2024)
Droit à l’IVG en Andorre soutien à Vanessa Mendoza (décembre 2023)
Octobre Rose (octobre 2023)
Liberté pour Pinar Salek (septembre 2023)
Droit à l’IVG : journée internationale (septembre 2023)
Solidarité avec les femmes iraniennes (septembre 2023)
Lutte contre l’exploitation et pour l’abolition de la prostitution (septembre 2023)
Journée internationale des travailleuses et travailleurs domestiques (juin 2023)
Rapport de la CIIVISE : il est urgent d’agir (mai 2023)
28 mai : journée mondiale de l’hygiène menstruelle : un enjeu d’égalité (mai 2023)
Soutien aux grévistes de Vertbaudet (mai 2023)
Ratification par l’UE de la convention d’Istanbul

 + les CP suite aux assemblées des femmes

 

  • Articles publiés

Tribune sur un appel à un 8 mars férié avec Barbara Gomes (avril 2026)
Tribune sur l’abolition de la prostitution avec Fabien Roussel (avril 2026)
Interview sur la marche féministe (11 octobre 2025)
Être féministe face aux charognards (septembre 2024)
80 ans du droit de vote des femmes dans l’Humanité (mai 2024)
Définition juridique du viol dans l’Avant-Garde (avril 2024)
Interview « Les hommes ont ils leur place dans le combat féministe ? »
Congé menstruel en débat dans l’Avant-Garde (février 2024)
80 ans de la mort de Danielle Casanova (mai 2023)

+ les articles sur les Assemblées des femmes dans l'Huma et la Marseillaise

 

  • Tracts publiés

IVG : 2023 / 2024 / 2025
Octobre Rose 2023 / 2024/ 2025
25 novembre 2023 / 2024/ 2025
8 mars 2024 / 2025 / 2026
Contre l’extrême droite, pour le NFP (2024)
11 octobre 2025 : manifestation féministe de solidarité internationale
Pour un vrai statut des familles monoparentales (2025)

 

  • Notes rédigées

Services publics, femmes et ruralité
Constitutionnalisation de l’IVG
Observatoire des inégalités
Note sur le congé parental
« Congé Menstruel »
Coût d’être mère, rapport de la Fondation des femmes
Notion de consentement
Rapport sur le mal logement
Assistance sexuelle
Extrême droite
Note programmatique pour les municipales
Note programmatique sur les européennes
Congé parental
Lutte contre la pornographie

 

  • Conférences organisées

Conférence publique avec Violaine De Filippis Abate sur les violences sexistes et sexuelles (novembre 2023)
Débat interne sur le congé menstruel (février 2024)
Intervention lors de la conférence de la CGT sur Martha Desrumaux (février 2024)
Débat interne sur la définition juridique du viol (mars 2024)
Participation à la table ronde de Libération pour les 80 ans du journal (avril 2024)
Conférence publique sur les 80 ans d’Olga Bancic (mai 2024)
Conférence publique sur le droit de vote des femmes : histoire et perspectives avec Thalia Denape et Myriam Lebkiri (mai 2024)
Conférence sur les femmes et la résistance (21 février 2026)

 

  • Pétitions lancées

PPL Cancer du sein
Pour que la vie des femmes ne soit plus classée sans suite

 

  • Campagnes portées

Constitutionnalisation de l’IVG
PPL Cancer du sein : « se reconstruire avec les mêmes droits »
Européennes et législatives 2024
Municipales 2026
Familles monoparentales
Les droits des femmes classés sans suite

 

  • Orga, Assemblée des femmes et FH

Assemblées des femmes en décembre 2023, décembre 2024 et décembre 2025
Travail transversal avec la commission personnes en situation de handicap, la commission mémoire, la commission écologie, la commission économie, la commission agriculture, le collectif Europe, la commission santé, le secteur international, la commission fières et révolutionnaires, la commission protection de l’enfance, le secteur formation, le secteur vie du parti.
Participation régulière aux réunions du CNDF, du collectif grève féministe, du collectif « avortement en Europe : les femmes s’engagent », collectif anti extrême droite piloté par le CNDF
Débats « Révolution féministe » sur le stand national de la Fête de l'Huma en 2024 et 2025 le vendredi soir

 

  • Universités d’été

2023 : ateliers sur la féminisation du parti, sur les enjeux féministes de la sécurité emploi-formation
2024 : atelier sur la révolution féministe comme condition du progrès social
2025 : atelier « Pour des villes féministes, propositions pour 2026 »

 

  • Tournée « Au bonheur des femmes » et déplacements

Déplacements dans les fédérations autour du programme, ayant pour objectif de mettre en valeur sur place les cadres féminins et favoriser la création de commissions féministes départementales.
Aurillac en juin 2023
Rennes en novembre 2023
Mayenne en décembre 2023
Evreux en février 2024
Participation au centenaire de la grève des sardinières de Douarnenez et rencontres féministes en novembre 2024
Clermont Ferrand en mars 2024
Participation aux travaux du PGE, invitation à intervenir par les camarades espagnoles (PCA) lors de leur université féministe à Cordoue en février 2024
Interventions dans les Assemblée des femmes dans les Bouches du Rhône et dans le Nord en 2025